Financement des partis politiques : jackpot de l’UMPS, le marigot des micro-partis de l’UMP et inéquité

Publié le par front-national-aveyron.over-blog.com

CNCCPP.JPGComme chaque année, la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP) a publié les bilans financiers des 296 partis politiques qu'elle contrôle ( ici ). Les documents diffusés ce jeudi concernent l'exercice 2009. Une année au cours de laquelle 102 formations politiques ont subi un déficit, et 122 ont bénéficié d'un résultat excédentaire. L'UMPS se financent grassement avec l'argent public, alors que le FN vit des heures difficiles de ce point de vue, sachant qu'une large part du financement est lié au nombre de parlementaires inscrits dans les partis. Ainsi le PC, qui n'obtient que peu de suffrages, par rapport au FN, reçoit plus de deux fois plus de financement public que le Front National (voir tableau). Le système est fait précisément pour étouffer les FN, c'est sans compter sur sa combativité.


Elément intéressant : la multiplication des micro-partis liés à l'UMP et qui reversent une part de leur argent à la "holding" UMP, détournant ainsi l'esprit de la loi sur le financement politique, l'affaire Bettencourt/Woerth en étant l'illustration.


L'UMP et le PS ont profité d'une année relativement creuse en échéances électorales la campagne des européennes n'a pas occasionné de dépenses importantes pour se refaire une santé après une présidentielle financièrement éprouvante.

 

L'UMP a ainsi dégagé en 2009 un excédent de 10.169.371 euros. De quoi combler en partie le déficit de 29 millions d'euros contracté après 2007. Pour remonter la pente, le parti se serre la ceinture : il a notamment été forcé de diminuer les allocations qu'il vers aux clubs politiques qui lui sont liés. De 2.282.451 euros en 2008, elles sont passées à 1.779.470 euros en 2009. Côté recettes, l'UMP a profité de 33 millions d'euros d'aides publiques en 2009, la plus importante subvention versée à une formation cette année-là. L'aide publique est calculée en fonction du nombre de suffrages recueillis aux législatives ainsi que du nombre de parlementaires inscrits au parti. L'UMP a aussi pu compter sur 7.168.555 euros de dons de particuliers, soit 13% de ses recettes totales. Une manne qui provient notamment du «Premier cercle», un groupe de généreux donateurs animé en 2009 par Eric Woerth, qui avait soulevé des interrogations lors de l'affaire Bettencourt.

 

Le Parti socialiste a lui une stratégie de financement bien distincte. Il n'a récolté en 2009 que 446.443€ de dons, soit 0,8% de ses recettes. Rue de Solferino, on compte d'abord sur les contributions des élus socialistes, qui ont reversé plus de 15 millions d'euros à leur parti en 2009. Mais aussi sur les cotisations des adhérents, plus élevées qu'à l'UMP, près de 9,8 millions d'euros contre 5,9 millions «seulement» au parti majoritaire. Ajoutées aux 23 millions de financements publics, ces sommes ont permis au PS de dégager un budget de 57 millions d'euros et de réaliser un excédent de 2.126.448 euros en 2009.

 

D'autres partis connaissent plus de difficultés. A commencer par le MoDem, qui a perdu près de 100.000 euros en 2009. La formation de François Bayrou, qui avait pourtant réalisé un important excédent en 2008, paye le prix de la fuite des adhérents depuis la présidentielle. Les cotisations sont ainsi passées de près d'un million d'euros en 2008 à 510.753 euros en 2009. Dans le même temps, la subvention publique accordée au mouvement centriste a aussi baissé, de plus de 4 millions à 3.745.114 euros. A l'approche de 2012, le MoDem a contracté plus de 800.000 euros de prêts auprès des banques.

 

Une situation difficile que partage aussi le Front national depuis les législatives ratées de 2007. Après une année 2008 catastrophique, le FN a perdu 836.881 euros en 2009. Et ce malgré une augmentation notoire des dons de particuliers, qui s'élèvent à 84.750 euros. Le parti, qui espérait se renflouer en vendant son siège de Saint-Cloud, le «Paquebot» , n'a pas trouvé acquéreur et doit lui aussi recourir de façon massive aux emprunts pour survivre. Pour honorer ses échéances, le FN compte notamment sur Cotelec, un microparti présidé par Jean-Marie Le Pen, qui récolte notamment des fonds auprès des particuliers. En 2009, cette formation a ainsi reversé 28.600 euros de dons au parti frontiste.

 

En 2009, les micropartis de l'UMP ont fait recette et détournent l'esprit de la loi.

 

 

Officiellement, ces petites structures, qui se sont multipliées ces dix dernières années ont pour seul et unique but de financer et de promouvoir l'action locale de leurs leaders à l'aube des différentes élections. Mais les révélations sur les dons de Liliane Bettencourt à l'Association de soutien de l'action d'Eric Woerth ont changé la donne. Les micropartis gravitant autour de l'UMP sont depuis soupçonnés de servir de «pompe à finances» au profit du parti majoritaire. Une même personne physique peut ainsi financer plusieurs partis en versant à chacun jusqu'à 7.500 euros qui peuvent ensuite être reversés à la «maison mère», détournant ainsi l'esprit de la loi sur le financement des partis politiques.

 

Comme en 2008 et en 2007, l'UMP a ainsi reçu en 2009 un important don de la part de l'Union Républicaine et d'Action Communautaire (URAC), un parti de poche basé à Marseille et dirigé par Jean-Claude Gaudin. Son mandataire financier n'est autre que Bernard Deflesselles, député des Bouches-du-Rhône. L'URAC a reversé 65.000 euros à l'UMP l'année dernière.

 

Dans le sillage du parti majoritaire, d'autres petites structures ont aussi récolté des dons en 2009. Génération France, le club du nouveau secrétaire général de l'UMP Jean-François Copé, a ainsi amassé 238.591 euros. Eric Woerth, qui était encore à l'époque trésorier de l'UMP, a récolté 21.649 euros. L'Alliance Méditerranée Alpes, dirigée par le maire de Nice Christian Estrosi, a quant à elle recueilli 65.312 euros. Enfin, Laurent Wauquiez, avec Nouvel Oxygène, a reçu 34.024 euros de dons.

 

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Publié dans Oligarchie et copinage

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